Jean Desessard
Sénateur de Paris
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Nouvelles frictions entre Delanoë et les Verts
ARTICLE PARU DANS LE FIGARO DU 27 SEPTEMBRE 2005

Alors que ses turbulents alliés Verts lui ont reproché la semaine dernière de se contenter « de jeter la pierre à l’État » en matière de résorption de l’habitat insalubre dans la capitale, le maire PS de Paris s’est une nouvelle fois défaussé. Et a proposé, hier matin, devant les élus du Conseil de Paris, que les municipalités ne respectant pas le pourcentage de 20% de logements sociaux prévu par la loi SRU de décembre 2000 subissent des sanctions « multipliées par cinq » ! Un discours qualifié de « démagogique » par la droite parisienne, qui, hier, pointait les « divisions de la majorité municipale qui ont éclaté au grand jour » à l’occasion des votes portant sur des voeux et amendements concrets proposés par les Verts. Certains d’entre eux ont été adoptés, contre l’avis du PS, par une majorité formée de Verts et de la droite parisienne. Pour René Dutrey, président du groupe Vert, cette « alliance » Verts-UMP « prouve qu’heureusement la démocratie n’est pas seulement partisane », tandis que Jean Desessard, sénateur (Verts) de Paris, estime que « le PS devra se justifier sur son attitude ». La droite a ainsi fait passer, contre l’avis du PS, une proposition des écologistes portant sur la mise en place d’un plan d’urgence pour les foyers de travailleurs étrangers. Du coup, lors du traditionnel déjeuner mensuel de la majorité, les Verts ont trouvé porte close. « Les socialistes nous ont dit qu’ils souhaitaient rester en famille », a rapporté au Figaro un élu écologiste. L’ambiance de la séance, qualifiée par plusieurs participants d’ « électrique », a rappelé à René Dutrey la fin de la campagne du PS en 2002, « lorsque Jospin souhaitait défendre son bilan à tout prix et est passé à côté de l’essentiel ! » Pour Claude Goasguen, président du groupe UMP, il serait prématuré de parler de « césure » entre les Verts et le PS. Selon lui, « les Verts se mettent en rapport de force, ils préparent déjà leurs listes pour les municipales, mais ils se retrouveront au second tour ». Aussi, pour éviter le clash, Bertrand Delanoë a finalement retiré hier après-midi une délibération des Verts portant sur le transfert des 16 000 logements de la Sagi à la Ville, Verts et PS n’étant pas parvenus à se mettre d’accord sur leur destination. Pour autant, Yves Contassot, adjoint (Verts) chargé de la propreté, se refuse à jeter de l’huile sur le feu : « Nos relations avec le PS sont ni pires ni meilleures qu’habituellement : je dirais juste que ce genre de débat fait partie de la vie normale d’une majorité composite », assure l’ancien chef de file des écologistes parisiens en 2001. Ce n’est pas la première fois que la question du logement menace d’ébranler la majorité. En février dernier, les Verts avaient déjà brandi la menace de ne pas voter le plan local d’urbanisme du maire, qui, selon eux, donnait une priorité « au développement des bureaux au détriment des logements » : « Le maire ayant promis de ne pas toucher à la fiscalité locale durant son mandat est obligé de trouver des rentrées d’argent. D’où la part importante qu’il consacre aux bureaux, car il veut piquer de la taxe professionnelle à la banlieue », avaient-ils déploré à l’époque...

Rodolphe Geisler

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