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Déclaration de candidature devant les militants le 25 août 2005
Déclaration de candidature de Jean Desessard
J’ai décidé de me présenter comme candidat à la candidature des Verts à l’élection présidentielle de 2007
Trois raisons essentielles m’ont poussé à un acte dont je mesure l’importance et la responsabilité.
1 - La refondation de notre discours qui doit répondre positivement aux questions formulées par l’électorat de gauche le 29 mai.
Le résultat et le message politique envoyés par les électeurs le 29 mai ne peuvent être passés sous silence. Ce message n’est pas jetable mais durable. Il signifie qu’il y a désormais une fracture nette entre les forces du libéralisme sous toutes ses formes et celles de la transformation sociale. Le 29 mai se situe dans la continuation du 21 avril 2002, des grèves de 2003 contre les réformes des retraites, des votes sanction des élections régionales, cantonales et européennes de 2004 méprisés par Chirac. Mais c’est d’abord un vote qui refuse l’Europe telle qu’elle est construite et perçue, une Europe qui participe à la déréglementation des services publics et du code du travail, une Europe livrée aux lois du marché, une Europe technocratique des « élites » si peu démocratique.
Mais c’est aussi un non d’espoir, porté par un débat démocratique sans précédent. C’est un non d’espoir pour construire une Europe démocratique, écologique, sociale et solidaire. Cette autre Europe dont nous avons besoin pour contrer la marchandisation du monde prescrite par l’OMC, La banque mondiale et le FMI qui pillent les ressources du SUD pour que le Nord vive dans l’insouciance et l’égoïsme. C’est ce projet de résistance et d’espoir que je veux porter.
2 - La rénovation de nos pratiques et de notre projet en renouant avec le mouvement social et avec les secteurs les plus touchés par la crise écologique, sociale et culturelle qui fracture la société.
Le 29 mai, l’électorat s’est divisé selon des critères sociaux et spatiaux autant que sur des enjeux proprement politiques. Nous ne pouvons nous résoudre, en tant que Parti, à légitimer cette coupure avec une majorité qui souffre des injustices et de l’accumulation des inégalités et des violences sociales et environnementales.
L’élaboration du projet doit être aussi l’occasion d’aller à la rencontre des mouvements associatifs et syndicaux (CGT, CFDT, Sud, FSU, Confédération Paysanne, ATTAC, Greenpeace, DAL, MNCP, AC !..).
Entre la politique de gestion réduite à une frileuse collaboration et une pratique d’écologie populaire proposant du local au global les ruptures écologiques et sociales nécessaires, nous devons nous déterminer.
Entre l’écologie d’accompagnement et l’écologie de rupture, entre l’alignement à tout va sur le social libéralisme et les attentes des populations face à la crise écologique sociale et démocratique, il faut choisir.
La gravité de la crise écologique (la raréfaction du pétrole, la sécheresse, l’extinction de la biodiversité...) va provoquer une transformation en profondeur de notre société. L’écologie que nous défendons a la responsabilité de transformer cette crise en réponses politiques pour inventer un futur centré sur les véritables besoins de l’homme et de la planète.
Ce choix doit être défendu par un candidat des Verts qui soit clairement positionné par rapport à la transformation sociale.
3 - La réconciliation et le dépassement du clivage entre le oui et le non chez les Verts et dans toute la gauche.
La gauche est aujourd’hui divisée, pourtant, elle aura à répondre lors des prochaines échéances électorales aux attentes exprimées le 29 mai. Les tentations, d’un côté comme de l’autre, de structurer la gauche dans le seul champ clos du oui ou du non sont vouées à l’échec. Je refuse ce statu quo. Pas plus que la gauche productiviste du NON, la gauche du OUI n’est en état de proposer un projet en raison de son tropisme libéral. La gauche dans son ensemble reste orpheline du projet.
Les Verts n’ont jamais été aussi indispensables pour aider à la compréhension des bouleversements de notre société et installer les alternatives adaptées.
Face à la déferlante destructrice des politiques libérales et productivistes conduites ces dernières années par la droite, les Verts doivent se réunir à partir d’un projet clairement antilibéral.
Ce n’est que par l’adoption d’un projet cohérent et concret, porteur d’espoir, que nous pourrons aborder, unis, les échéances de 2007 et de 2008.
Aux « maux » de la division, je préfère le mot conjugaison. Regroupons nos talents, nos énergies, nos compétences et nos espoirs. Ne parlons plus de Nonistes ni de Ouistes, mais d’un parti, celui des Verts.
Et au-delà de cela, sur les gravats qu’a laissés la campagne référendaire au sein du PS, la dignité avec laquelle nous avons su faire campagne, aussi bien dans le camp du oui, que dans le camp du non, a fait que nous en sommes sortis grandis. Grandis par de nouveaux combats à mener, et de nouvelles adhésions, mais aussi de nouvelles expériences.
Ce qui fait des Verts non pas un parti de gauche mais la Gauche unie, rassemblée et européenne.
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